
Plus qu’un spectacle « Fina » est l’aboutissement d’un parcours artistique de trois ans entre le Brésil et Saint Paul de Serre. La première de cette création a été jouée en juillet 2010 à Rio de Janeiro, au festival international FIL dans une mise en scène de Florence Lavaud.
Pour l’auteur, Karen Acioly*, « Fina » a surgit de « l’immense besoin de créer des relations avec l’autre, de percevoir l’intimité de l’univers délicat de l’enfant et de comprendre les points de contact que les enfants ont entre eux, aux dessus de leurs différentes cultures ».
La sobriété du travail d’adaptation de Florence Lavaud offre un spectacle tout en douceur qui nous plonge dans les maux de cette jeune fille.
Sur scène, des tableaux faussement naïfs laissent entrevoir la difficulté d’une enfance blessée dans sa différence et qui n’arrive pas à s’aimer.
Dans un pays et une ville où l’apparence physique prend une place disproportionnée, Fina ne se sent pas physiquement conforme.
Elle s’enferme dans sa chambre et s’invente, dans un cet univers clos, un ami virtuel qui posera un autre regard sur elle….
Si depuis 20 ans la compagnie a joué 2000 fois, en France et dans 19 pays, c’est la première fois que, dans mon parcours, un échange sur le long terme se tisse avec un festival international.
Je suis très heureuse de ce nouveau projet…
La différence de point du vue sur le spectacle jeune public m’interroge, m’enrichit et me permet de réinterroger ma vision de l’enfance
Je n’ai jamais adapté un texte écrit spécifiquement pour le jeune public au théâtre…
Aussi, je prends la demande de Karen Acioly de mettre en scène sa nouvelle écriture comme un cadeau…
Parce que ce spectacle a été construit autour de nos différences de points de vue et grâce à des allers/retours de résidences de création entre Rio de Janeiro et St Paul de serre en Dordogne.
J’ai choisi de travailler une mise en scène sobre qui facilite les voyages…
Cette contrainte m’a permis d’aller puiser dans le sens caché des mots d’une jeune fille de 9 ans, Fina, qui nous livre avec pudeur sa réflexion sur le regard de l’autre, le conformisme et le droit à l’amour….
Et au-delà, offrir aux spectateurs, grâce aux comédiens brésiliens et français, un voyage dans les sonorités, et dans l’intimité d’une enfance « d’ici et d’ailleurs »
Fina : « A l’école, certains se moquent de mon moi... Je crois qu'ils me trouvent un peu….je veux dire... je crois qu'ils me trouvent un peu... un peu... je veux dire... ronde.
Mais un jour peut-être, je vais connaitre quelqu’un qui va m’aimer pour ma liberté, pour mes rondeurs, pour mes cheveux très indépendants parce que le rêve qui se rêve seul, c’est seulement un rêve… le rêve qui se rêve ensemble, c’est la réalité… »





